Sous le thème évocateur « Parcours pastoraux : reconnaître, respecter, restaurer », la Journée mondiale de lutte contre la désertification a rassemblé ce mercredi 17 juin 2026, à la caserne militaire de Ouassa, autorités, forestiers, élus et citoyens du Zou autour d’un même engagement : faire reverdir la terre et préserver l’équilibre entre agriculture et pastoralisme.

Le préfet du Zou, entouré du maire de Zogbodomey, Ludovic Houéssè, et de la directrice départementale des Eaux, forêts et chasse, Amandine Gnido Assogba Déléké, a donné le top d’une célébration placée sous le signe de la lucidité et de l’action. Dans son allocution, le maire a rappelé l’urgence d’agir face à la sécheresse et à la dégradation des sols : « La désertification frappe à nos portes, altère nos terres agricoles et perturbe le cycle de nos saisons. » Zogbodomey, terre d’agriculture et de transition pastorale, devient ainsi le symbole d’une résistance écologique où chaque arbre planté est un acte de foi envers la nature. Le choix du camp militaire de Ouassa pour abriter cette édition n’est pas fortuit. Avec une moyenne de 16/20, la caserne se classe deuxième site le plus verdoyant du Bénin, juste derrière celui de l’Ouémé. Sous la supervision du commandant du bataillon, 2 500 plants ont été mis en terre soit 2 460 tecks(Tectona grandis) et 40 Khaya senegalensis, des essences à croissance rapide et à forte valeur écologique. Ces plantations, entretenues avec rigueur par les militaires, servent à la fois de bois d’œuvre et de bois énergétique, contribuant à l’autonomie du camp et à la préservation de l’environnement. La Conservatrice de Première Classe des Eaux, forêts et chasse Amandine Gnido Assogba Déléké a insisté sur le choix stratégique des espèces : Tectona grandis, Khaya senegalensis, mais aussi Albizia lebbeck et Pterocarpus erinaceus, désormais privilégiées pour remplacer les essences surexploitées.

Ces arbres, adaptés aux conditions climatiques du Zou, participent à la restauration des sols dégradés, à la séquestration du carbone et à la revalorisation des parcours pastoraux. Le préfet du département du Zou, Laurent Dhossou Zomaï a, pour sa part, rappelé la priorité que le gouvernement accorde à la transition écologique et à la gestion durable des terres. Selon lui, la désertification n’est pas une fatalité, mais la conséquence directe des pressions désordonnées exercées par l’homme sur l’écosystème. Il a insisté sur la nécessité de sécuriser les parcours pastoraux, ces infrastructures naturelles partagées qui garantissent la stabilité socio-économique du territoire. Le préfet a également exhorté les autorités locales à mettre fin à l’impunité liée aux feux de brousse et aux coupes illicites de bois, tout en saluant la collaboration exemplaire entre l’administration, l’armée et les collectivités locales.
Le camp Ouassa, symbole d’un partenariat vert

Le chef de Bataillon Rachidi Assouma, Commandant du 2ᵉ Groupement interarmes de Ouassa, a réaffirmé l’engagement du haut commandement militaire à entretenir les sites reboisés et à assurer le suivi des plants mis en terre. Il a promis de sensibiliser les populations environnantes afin qu’elles participent activement à la protection de ce patrimoine environnemental. Ce geste fort illustre la synergie entre défense nationale et écologie, où la discipline militaire se met au service de la nature.
Un appel à la conscience collective

Au-delà de la mise en terre, la journée s’est poursuivie à Za-Kpota et Zagnanado, avec des dialogues entre agriculteurs et éleveurs, et des échanges intergénérationnels sur la gestion durable des ressources naturelles. Amandine Gnido Assogba Déléké a lancé un appel vibrant : « Reconnaître la valeur de nos terres pastorales, respecter les couloirs de passage et restaurer les terres dégradées: tel est le triptyque de notre route. Ensemble, faisons reverdir le Zou. » Cette célébration, au-delà des discours, marque une étape décisive dans la lutte contre la désertification. À Zogbodomey, l’espoir pousse désormais à la racine des jeunes plants, symbole d’un département qui refuse de se laisser gagner par le désert.

Zéphirin Toasségnitché






