Malgré les avancées enregistrées depuis 2016, le travail des enfants continue de miner l’avenir de milliers de jeunes au Bénin. Experts et acteurs de terrain appellent à un changement profond de mentalité, à une mobilisation collective et à une répression ferme pour atteindre l’objectif zéro enfant exploité.

Le combat contre le travail des enfants au Bénin reste une bataille de longue haleine. Les chiffres et les témoignages le confirment. Malgré les réformes engagées par l’État et ses partenaires, le phénomène persiste, nourri par la pauvreté et des pratiques sociales encore trop tolérantes. Pour Ella Wama Mara, juriste et experte en genre et développement, il est urgent de briser les justifications qui entretiennent ce fléau. « Un enfant n’est pas une main-d’œuvre bon marché, c’est un être humain titulaire de droits. La pauvreté peut expliquer certaines situations, mais elle ne peut jamais justifier l’exploitation des enfants. C’est la pauvreté d’esprit qui pousse des parents à sacrifier leurs enfants.», dénonce-t-elle. Dans le secteur de l’artisanat, des efforts notables ont été réalisés.

Justin Houéssou Sonon, président de l’Union des garagistes professionnels du Bénin et élu de la Chambre des métiers, souligne l’importance des réformes en cours. « Nous élaborons des matrices de compétences pour encadrer la formation. L’enfant ne doit plus être envoyé dans un atelier par défaut, mais pour devenir un professionnel.», précise-t-il. Selon les deux interlocuteurs, la lutte ne peut réussir sans une mobilisation générale. L’État, les collectivités locales, les leaders religieux, les médias, les organisations de la société civile et les familles doivent agir ensemble. « Chaque silence face à une situation d’exploitation devient une complicité involontaire », ont-ils insisté.
Au-delà de la prévention, Justin Houéssou Sonon plaide pour une répression ferme : « Il faut sanctionner les artisans et ouvriers qui acceptent des mineurs sur leurs chantiers. C’est le seul moyen de décourager les auteurs et complices. » L’objectif zéro travail des enfants est atteignable, mais il exige une volonté collective et une vigilance constante. Comme le rappelle Ella Wama Mara, dénoncer l’exploitation d’un enfant n’est pas créer un problème, mais éradiquer un fléau qui handicape le développement du pays.
Zéphirin Toasségnitché





