Avec des productions agricoles en nette progression, le département du Zou affiche des résultats encourageants pour la campagne 2026-2027. Mais pour le préfet Laurent Dhossou Zomaï, les chiffres ne suffisent pas. A l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, il a appelé à transformer les performances agricoles en une véritable sécurité alimentaire et nutritionnelle pour tous, grâce à l’innovation, à l’engagement citoyen et à la solidarité.

Le département du Zou confirme sa place parmi les principaux bassins agricoles du Bénin. Les premières statistiques de la campagne agricole 2026-2027 témoignent d’une dynamique favorable portée par les politiques publiques, les programmes de développement et les efforts quotidiens des producteurs. Selon le préfet du Zou, Laurent Dhossou Zomaï, les actions mises en œuvre ces dernières années produisent déjà des résultats tangibles. Le département attend une production de 134 318 tonnes de céréales, dont plus de 87 000 tonnes sont déjà enregistrées. A cela s’ajoutent 475 718 tonnes de racines et tubercules, plus de 113 000 tonnes de légumineuses et près de 38 000 tonnes de produits maraîchers. Ces performances traduisent la vitalité du secteur agricole local, mais elles ne constituent qu’une étape dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Pour le préfet, la sécurité alimentaire ne se mesure pas uniquement en volumes produits. Le véritable enjeu consiste à garantir à chaque ménage une alimentation suffisante, nutritive et durable. Malgré les progrès réalisés, les défis demeurent nombreux. Ils sont essentiellement liés à la malnutrition, la pauvreté rurale, les changements climatiques, la faible valorisation de certains produits agricoles et les difficultés d’accès aux marchés. « La sécurité alimentaire et nutritionnelle ne se décrète pas dans les discours », a insisté l’autorité préfectorale. Pour lui, elle se construit au quotidien dans les exploitations agricoles, les unités de transformation, les marchés et les foyers. Cette vision rejoint les objectifs de développement durable, notamment l’Odd 2 qui vise l’élimination de la faim d’ici à 2030.

L’innovation comme moteur du changement
Sous le thème mondial « Innover aujourd’hui pour nourrir demain », la célébration a mis l’accent sur la nécessité d’adopter de nouvelles pratiques agricoles capables d’améliorer les rendements tout en préservant les ressources naturelles. Le préfet appelle à faire de l’innovation un réflexe collectif dans le département. Cela passe par l’utilisation de semences améliorées, la modernisation des techniques culturales, une meilleure conservation des récoltes et l’adoption de pratiques nutritionnelles plus adaptées au sein des ménages. Pour lui, chaque acteur a un rôle déterminant à jouer. Le producteur qui améliore ses méthodes de culture, la transformatrice qui réduit les pertes post-récolte, mais aussi les familles qui accordent une attention particulière à la qualité nutritionnelle des repas. L’ambition affichée est de faire en sorte qu’aucun enfant et qu’aucune couche sociale ne soit confronté à l’incertitude alimentaire. Au cœur de cette célébration, le lancement de la 30e édition du TéléFood a rappelé l’importance de la solidarité dans la lutte contre la faim. Les ressources mobilisées à travers cette campagne serviront à financer des microprojets destinés aux personnes et groupes vulnérables. L’objectif est de leur offrir les moyens de développer des activités génératrices de revenus et de sortir durablement du cycle de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire. A cet effet, Laurent Dhossou Zomaï a invité les collectivités locales, les partenaires au développement, les projets agricoles et les populations à renouveler leur engagement en faveur de cette initiative. Si les chiffres de production attestent des avancées enregistrées dans le Zou, les autorités estiment que le combat est loin d’être achevé. La réussite passera par la capacité à transformer les performances agricoles en bien-être réel pour les populations. A en croire le préfet du Zou, le défi de la faim zéro ne sera relevé ni par les statistiques ni par les discours, mais par des actions concrètes, durables et inclusives.
Roger Vitouley





