Longtemps méconnue du grand public, la péridurale obstétricale s’impose désormais comme une alternative moderne pour soulager la douleur de l’accouchement. Grâce à une campagne nationale de vulgarisation, les femmes découvrent cette technique médicale qui transforme leur expérience de maternité, tout en renforçant la qualité des soins maternels et néonataux.

L’analgésie péridurale obstétricale est une technique qui rend la douleur supportable tout au long du travail d’accouchement. Réalisée par un médecin anesthésiste-réanimateur, elle nécessite une vérification préalable du dossier médical de la patiente. Au Centre Hospitalier Universitaire de la Mère et de l’Enfant Lagune (CHUMEL), le professeur Joseph Akodjènou, maître de conférences agrégé du CAMES, décrit la procédure devant un public de parturientes. Sur un mannequin médical, il détaille chaque étape de l’anesthésie locale à l’injection du produit en passant par la pose de l’aiguille, le repérage de l’espace péridural et l’insertion du cathéter. Objectif, amoindrir la douleur et accompagner la mère jusqu’à la délivrance. Pour bénéficier de la péridurale, la femme doit être à terme, disposé d’un nombre suffisant de plaquettes sanguines et ne pas présenter de pathologie majeure de la colonne vertébrale. Ces exigences garantissent la sécurité de la pratique. Comme toute technique médicale, la péridurale peut entraîner des effets secondaires tels que l’inconfort lié à une anesthésie inégale, les nausées ou vomissements. Mais selon le professeur Akodjènou, ces « petits bobos » sont rapidement pris en charge par l’équipe médicale. En rendant l’accouchement moins douloureux, la péridurale obstétrique contribue à améliorer la qualité des soins et à renforcer la confiance des femmes envers le système de santé. Une avancée qui s’inscrit dans la volonté de moderniser la maternité au Bénin et d’offrir aux femmes une expérience plus digne et apaisée. Même si cette nouvelle approche est très peu connue du grand public, certains en ont déjà fait l’expérience.
Témoignages de femmes et de médecins
Au CHUMEL de Cotonou, futures mamans et sages-femmes échangent autour de la pratique. Le docteur Sarah Kora, médecin généraliste, raconte son propre accouchement. Après des heures de souffrance, la péridurale lui a offert une « accalmie totale » et un soulagement qu’elle qualifie de « miraculeux ». Son témoignage illustre l’impact concret de cette technique sur la vie des femmes.
Vulgariser la technique
N’étant pas connue des citoyens, l’analgésie péridurale obstétrique était, le 21 mai dernier au cœur d’une campagne de sensibilisation dans cinq hôpitaux de référence : le CHUMEL de Cotonou, le CHUD de l’Ouémé, le Centre hospitalier départemental du Mono, l’hôpital de zone de Ouidah et le CHU Abomey-Calavi-Sô-Ava. Pendant cette phase pilote, l’analgésie péridurale est administrée gratuitement aux femmes enceintes éligibles qui ont témoigné de l’efficacité de ce produit. En initiant cette campagne, le gouvernement vise un but précis que le ministre de la santé, Benjamin Hounkpatin, a rappelé. A en croire ses explications, les ambitions de cette initiative consistent à : informer correctement les populations sur la prise en charge de la douleur obstétricale ; combattre les fausses croyances et les préjugés ; renforcer les capacités des professionnels de santé ; favoriser l’accessibilité progressive de la pratique dans toutes les structures sanitaires ; placer la femme au centre des soins, dans un esprit d’humanisme et de dignité.
Vers un accouchement sécurisé et confortable
Au-delà de la technique médicale, la campagne porte un message fort : les femmes du Bénin ont droit à un accouchement dans les meilleures conditions possibles, avec la liberté de choisir. La péridurale obstétrique apparaît ainsi comme un symbole de modernité et de respect de la maternité.
Zéphirin Toasségnitché





