Accueil / Santé / Crise d’épilepsie

Crise d’épilepsie

Comprendre, agir et briser les préjugés

Maladie neurologique chronique souvent méconnue, l’épilepsie touche des milliers de personnes au Bénin. Le neurologue Romaric Mahoutchi explique ses causes, ses conséquences et les gestes à adopter face aux crises, tout en appelant à mettre fin à la stigmatisation.

Centre-neurologie-de-CHIC-1024x682 Crise d’épilepsie
L’épilepsie est une maladie neurologique prise en charge dans les centres de référence

L’épilepsie, maladie neurologique chronique, résulte d’une activité électrique anormale du cerveau. Elle se manifeste par des crises répétées pouvant entraîner une perte de connaissance, des mouvements saccadés, une raideur musculaire ou de brèves absences. Selon le médecin neurologue Romaric Mahoutchi, les origines de cette affection sont multiples et varient d’un patient à l’autre. « Nous avons des causes génétiques, liées à des mutations des gènes impliqués dans l’excitabilité des cellules cérébrales. Certaines formes sont héréditaires », explique-t-il. « Il existe aussi des causes acquises : tumeurs cérébrales, accidents vasculaires, traumatismes crâniens, infections, ou encore des causes toxiques comme l’alcool, les drogues et certains médicaments », ajoute-t-il.  Mais parfois, aucune cause n’est identifiée. Ces épilepsies dites « idiopathiques » restent un défi pour la recherche médicale. Au-delà des crises, la maladie a des répercussions profondes sur la vie des patients. « Les conséquences dépendent du contexte de la crise. Une chute peut provoquer des fractures ou des brûlures. Si la crise survient au volant ou dans l’eau, elle peut être fatale », prévient le spécialiste. « Sur le plan psychologique, la dépression, l’anxiété et l’isolement social sont fréquents. Professionnellement, les troubles de mémoire et d’attention réduisent l’efficacité des patients. Et la stigmatisation reste un véritable fléau.» Romaric Mahoutchi insiste : l’épilepsie n’est ni contagieuse, ni transmissible, ni une fatalité. Une prise en charge médicale adaptée permet de contrôler les crises et d’améliorer la qualité de vie. « On ne guérit pas toujours définitivement, mais on peut contrôler les crises. Il faut un suivi régulier par un neurologue, respecter le traitement et adopter une bonne hygiène de vie », recommande-t-il. Enfin, il rappelle les gestes essentiels à adopter en cas de crise : ne pas paniquer, éloigner les objets dangereux, ne rien mettre dans la bouche du patient et attendre la fin de la crise avant de le conduire à l’hôpital si elle dure plus de cinq minutes.

Brice Vitouley

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *